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Territoires en décroissance et réorganisation des services urbains de l’eau.Lili Lainé1*1Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Géographie-cités |
La présentation s’articule autour de la question fondamentale de la décroissance de la consommation en eau en lien avec ses modifications structurelles déjà connues (procédés industriels et équipements ménagers plus économes en eau) et avec la diminution de la population de certaines villes de l’amont du bassin de la Seine. L’étude examine les conséquences sur les services de l’eau.
Une des premières conséquences constatées est celle de la hausse du prix unitaire du mètre cube et, dans des régions en déclin économique et social, du nombre d’impayés. Après entretien avec les services concernés, il semble y avoir un certain déni de réalité de la part des services techniques et des élus. Le futur des services de l’eau est toujours envisagé dans une projection de retour à la croissance, sans considération de la perte de population comme un phénomène de long terme. Cette décroissance touche d’ailleurs essentiellement les centres des agglomérations, les services devant terminer d’équiper les communes périphériques. Si les services semblent peu réceptifs à la dimension sociale de la consommation, en revanche la réforme territoriale en cours les conduit à une mutualisation des équipements et des services d’eau et d’assainissement à l’échelle des nouvelles intercommunalités.
Conclusion : Les outils de prospective de la demande en eau semblent inadaptés faute d’une intégration stratégique de la diminution de la population. Les choix d’évolution des services de l’eau de ces intercommunalités restent finalement très techniques et conventionnels.
Résumé de la présentation par l'auteure.
Discussion :
La discussion s’est ouverte sur la question du seuil d’alerte des réseaux des services de l’eau. Il a été avancé que celui-ci n’était probablement pas encore atteint, ce qui a pour conséquence de ne pas déclencher de véritable décision de changement de cap. En réponse, il a été mentionné que de l’aveu des gestionnaires eux-mêmes, certains réseaux sont bel et bien surdimensionnés. Cependant, les gestionnaires préfèrent les conserver ainsi, quitte à traiter les problèmes d’eau stagnante dans les réseaux en fermant les conduites des habitations inoccupées, plutôt que de réévaluer les besoins à la baisse. Autre point important, outre le seuil d’alerte, il y a des exemples en Europe, notamment en Allemagne de l’Est, où le surdimensionnement des services d’eau a généré énormément de problèmes, ce qui devrait alerter les communes concernées par la décroissance.
Par ailleurs, il a été relevé que le découpage du prix de l’eau n’avait pas été évoqué dans l’étude. Pourtant, la corrélation entre l’augmentation du prix de l’eau et la décroissance démographique n’est pas si évidente que ça. En effet, un certain nombre d’études relatives à la consommation de l’eau, indique que la baisse de consommation « absolue » des ménages est principalement due, dans les grandes agglomérations, à l’évolution de la technologie, des électroménagers et des industries. Il conviendrait alors de mieux pondérer l’étude de la décroissance avec cette tendance générale.


