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Production et usages de la modélisation dans le cadre du PIREN-SeineNatalie CHONG*11 LEESU, Ecole des Ponts ParisTech
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La modélisation est un outil aujourd’hui fondamental, utilisé par les chercheurs et les opérationnels pour approfondir leur compréhension scientifique et pour aider les décisions de gestion dans le bassin de la Seine. L’étude présentée ici revient sur la production et l’utilisation de ces modèles, révélant une réalité beaucoup plus complexe, au-delà d’une dichotomie stricte entre un modèle de recherche et un modèle de gestion.
En effet, en termes de politiques publiques, cette relation nuancée entre « utilisation » et « utilité » montre qu’il existe plusieurs types d’utilisations et d’utilités et qu’il n’est pas nécessaire qu’un modèle soit utilisé directement par un gestionnaire pour qu’il soit utile dans la conduite des politiques publiques. Le modèle PROSE est certainement celui qui illustre le mieux au cours de son histoire la multiplicité des utilisations et des différentes formes d’utilité possibles.Il a ainsi pu être successivement plutôt un modèle de recherche ou plutôt un modèle de gestion, en fonction des problématiques auxquelles il était censé répondre, et des investissements successifs des chercheurs et des experts du SIAAP au fil du temps.
Conclusion : L’analyse des entretiens montrequ’il n’existe pas une vision unique d’une offre de modélisation au sein du PIREN-Seine, ne serait-ce que parce que la notion de« propriété » des modèles ne fait pas consensus. Quant à la demande de modèles, la variété des différents types d’utilisations et d’utilités montre que l’idée d’une dichotomie stricte entre modèle de recherche et un modèle de gestion est trop limitée. Enfin, l’utilisation et l’utilité d’un modèle sont fortement déterminées par un certain nombre de facteurs, tels que l’expertise de l’utilisateur ou son degré d’implication directe ou indirecte dans la modélisation.
Résumé de la présentation par l'auteure.
Discussion :
Après quelques échanges de nature technique sur la méthode employée, la discussion s’est poursuivie sur la question du « continuum » entre modèles de recherche et modèles plus opérationnels. Il a été précisé que quels que soient les modèles utilisés, ils sont enrichis communément par les gestionnaires et les chercheurs : il ne faut pas avoir l’idée d’adaptations par alternance entre les deux pôles (chercheurs et opérationnels), mais au contraire celle d’une évolution commune apportée conjointement aux modèles. Dans ce même ordre d’idées, certains partenaires ont fait part de leur volonté de pouvoir utiliser les modèles du PIREN Seine plus facilement.
La discussion s’est orientée ensuite autour de la question des incertitudes et de leur prise en compte par les opérationnels et pour la prise de décision. En réponse, il a été précisé que la recherche ne s’était pas focalisée sur ce point jusqu’à présent, mais que cela était un point largement abordé dans les entretiens, qui fera l’objet d’une analyse approfondie dans les prochains mois. En première analyse on peut dire que les incertitudes qui sont connues tant des développeurs que des utilisateurs de modèles ne remettent pas fondamentalement en cause la confiance des uns et des autres dans les outils disponibles. Cependant, c’est justement ce processus de construction d’une confiance partagée que l’étude cherche à analyser et à comprendre plus en détail.
La question de la multiplicité des modèles a, quant à elle, été abordée pour signaler que l’impression d’une surabondance de modèles n’est pas forcément synonyme d’une réelle multiplicité. Parfois les modèles sont repris et adaptés pour répondre à des questions de natures différentes, parfois ces changements s’accompagnent aussi de changement de nom, ne discriminant pas les modèles entre eux. Pour certains chercheurs et gestionnaires qui utilisent les modèles, ces évolutions sont claires et ne traduisent pas forcément une multiplication des outils à disposition.


