S3-7: Dynamique des formes du carbone dans le continuum aquatique de la Seine

Dynamique des formes du carbone dans le continuum aquatique de la Seine

Audrey Marescaux1*

1 UMR Metis, UPMC-CNRS-EPHE
* audrey.marescaux@upmc.fr

L’étude présentée porte sur l’évaluation des émissions de dioxyde de carbone (CO2) dans le bassin versant de la Seine. La prise en compte des eaux continentales dans les bilans régionaux d’émissions de CO2  est un champ de recherche relativement récent, et cette étude s’inscrit dans cette démarche.Après une introduction sur l’impact des émissions humaines de CO2 (utilisation d’énergies fossiles telles que le pétrole, le gaz… et la déforestation) sur le réchauffement climatique, sont présentées les données actuelles et reconstituéesjusqu’aux années 1970 de concentrations en CO2 (pCO2) dans le bassin de la Seine. Les premiers résultats permettent de dégager deux tendances spatiales et temporelles. D’une part, on observe que pratiquement tout le bassin émet du CO2 vers l’atmosphère avec une contribution plus importante en aval qu’en amont, même si on observe une baisse des pCO2 dans la Seine en aval de Paris depuis la dernière décennie. D’autre part, les pCO2 sont plus élevées dans les rivières sous prairies et dans les zones humides, ainsi que lors de l’épisode exceptionnel de la crue de fin mai-début juin 2016.

Conclusions : L’étude met en évidence le fait que le bassin versant de la Seine est hétérotrophe et constitue donc une source nette de carbone pour l’atmosphère. En outre, ces émissionsprésentent des tendances similaires à celles d’autres gaz à effet de serre (GES), comme le N2O et le CH4, sur la base de mesures sur des profils longitudinaux de l’axe Marne et Basse Seine. De nouvelles mesures de pCO2 sont prévues, afin de compléter les premières campagnes de mesure, et également afin de dégager des relations saisonnières et interannuelles en lien avec les blooms algaux, par exemple.

 

Résumé de la présentation par l'auteure.

Présentation

 

Discussion :

Dans la discussion qui a suivi, il a été question de l’impact éventuel du pH dans la détermination  du CO2 par la méthode indirecte de calcul.Pour réponse, les résultats obtenus sont effectivement affectés par des pH inférieurs  à 7, mais entre 7 et 9, les résultats de la méthode indirecte sont proches des mesures directes. Outre les eaux de surface, il est précisé que les eaux souterraines sont aussi considérées dans cette étude, mais les résultats n’ont pas été présentés lors de ce colloque. 

La question du drainage agricole, pouvant contribuer à une augmentation des apports de carbone organique dissous aux rivières qui se décompose en CO2, a été évoquée. L’importance du dégagement en CO2 des zones humides est soulignée et il apparait que des mesures supplémentaires sont encore nécessaires pour bien prendre en compte ce processus, sachant que les zones humides peuvent jouer également un rôle de captage de CO2.

 

colloque 2016