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Une approche bio-économique pour évaluer les impacts du changement climatique sur la demande d’irrigation.Delphine Barberis1*1UMR INRA-AgroParisTech |
C’est un modèle de l’INRA, simulant le comportement économique des exploitations agricoles à différentes échelles, qui fut l’objet de cette présentation. L’eau est ici considérée comme un intrant et les besoins d'irrigation sont quantifiés dans un contexte de changement climatique. La méthode repose sur un couplage entre 2 outils : AROPAJ (modèle agro-économique) et STICS (modèle de culture).
L’hypothèse est faite d’un changement climatique progressif et d’une forme d'adaptation autonome par les agriculteurs concernant la gestion en eau des parcelles et l'assolement des exploitations agricoles.
L’étude suggère que la confrontation entre les besoins et les disponibilités en eau est une cause possible de fragilisation des systèmes de production, y compris dans l’agriculture du Bassin de la Seine.
Conclusions : Le potentiel offert par le couplage AROPAJ - STICS, intégrant l’eau comme intrant agricole, est mis en relief. En utilisant pour le couplage les résultats d’un modèle climatique (ARPEGE-Climat) dans le cadre d’un des SRES du GIEC (AR4), les simulations effectuées montrent que la demande en eau devrait augmenter dans les décennies à venir. Sous contrainte de l'offre en eau disponible, on devrait s'attendre à une baisse relative des rendements, ou à l’émergence d’autres systèmes de cultures ou d’assolements, si cela s’avère plus profitable pour les producteurs.
Résumé de la présentation par l'auteure.
Discussion :
Au cours de la discussion, il a été relevé que l’agriculture du bassin versant Seine-Normandie n’est pas vraiment une agriculture par irrigation, ce qui pose pour certains la question de la pertinence du modèle pour cette région. D’autre part, l’hypothèse de l’adaptation progressive et autonome des agriculteurs face au changement climatique semble très éloignée de la réalité du terrain, notamment en termes de ressource en eau. En réponse, il a été expliqué que l’objectif de ce travail est de mettre au point un modèle susceptible d’établir des repères pour l’action publique. Il a également été précisé que le point de départ était le monde agricole tel qu’il est perçu par un modèle agro-économique, calibré sur la base de données micro-économiques (le RICA), pour proposer une analyse prospective centrée sur les relations entre climat, rendement et besoin en eau. Il a été ajouté qu'en l'état actuel, même si le modèle STICS conduit à surestimer les demandes d’intrants, l’irrigation est une réalité, quoique peu présente sur le bassin. La demande évoluera significativement avec le changement climatique, ce qui ne préjuge en rien de l’offre d’irrigation.
Enfin les échanges se sont portés d’une part sur la prise en compte du facteur sol dans la nécessité de l’irrigation, et d’autre part sur l’intégration des demandes de la population francilienne envers une agriculture moins intensive, ce qui modifiera les techniques agricoles. En réponse au problème du réalisme dans l’application dudit modèle, il est rappelé que l’étude utilise des données de la base européenne de données des sols, et qu'il s'agit d'un modèle de prospection et non de prévision.


