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La société face aux changements de la qualité de l’eau : Le cas de Versailles (1850 – 1950)Tatiana Dmitrieva1*1 UMR Metis, UPMC-CNRS-EPHE |
D’un point de vue historique, une des problématiques clé de la qualité de l’eau de Versailles fut la gestion du ru de Gally. Ce cours d’eau fut utilisé comme déversoir d’égout à Versailles, sans considération du fait que celui-ci traverse plusieurs autres communes en aval avant de se jeter dans la Seine. La pollution se traduisant plutôt en aval du ruisseau, la commune ne s’est que peu sentie concernée par la qualité de l’eau durant le 19eme siècle.
Par la suite, le désintéressement progressif des riverains du ru dans l’utilisation de ses eaux riches en azote du fait de l’agriculture a fortement dégradé la situation jusqu’à la veille de la première guerre mondiale. Les deux guerres mondiales ont d’ailleurs participé au retard de la prise de décision politique concernant l’assainissement du ru, et ce malgré de nombreuses études de terrain alarmantes menées par des acteurs de l’eau.
Conclusions de l’étude : Une gestion erratique associée à un désintéressement des pouvoirs publics et d’une population versaillaise peu impactée par la pollution, entrecoupée par les deux guerres mondiales, a entraîné un retard d’assainissement jusqu’en 1947. Ce n’est qu’à partir des années 1950 qu’une lente restauration s’est mise en place.
Résumé de la présentation par l'auteure.
Discussion :
La discussion s’est très vite portée hors du cadre de Versailles, pour aborder cette problématique à une échelle plus globale.
Tout d’abord, les questions de la maîtrise d’ouvrage dans le domaine de l’assainissement ne peuvent s’envisager sans considérer la question du maillage communal. Une problématique que seules des actions coordonnées de la part des pouvoirs publics pourraient éventuellement résoudre.
De plus, il a été relevé que la gestion de la qualité des cours d’eau relève principalement de la sensibilisation de la population : comprendre le principe de la pollution de l’eau en aval et du fonctionnement des stations d’épurations est essentiel. En suggestion il a été proposé de mener une étude sociologique sur la population, axée sur la sensibilisation au concept de l’épuration.
Enfin la question du bain dans la Seine et ses affluents a été abordée : Pourra-t-on un jour se baigner dans les cours d’eau d’Ile-de-France, considérant que la candidature de Paris aux JO 2024 obligera les pouvoirs publics à se pencher sur la question dans les années à venir ?
L’équipe de recherche a bien pris en compte les différentes suggestions, et insiste sur le fait que sans une implication des décideurs politiques, et à fortiori de la population, cette problématique risque de rester au point mort.


