Diversité des pratiques agricoles en région de polyculture-élevage.

Auteur.e.s

Catherine Mignolet, Marie-Elisabeth Despont, Marc Benoît

Université

INRA, Station de Recherche SAD

Le bassin versant de la Blaise, territoire rural faiblement forestier de 607 km2 situé au nordouest du département de la Haute-Marne, est caractérisé par une agriculture qui associe cultures et élevage, soit au sein d'exploitations agricoles non spécialisées (appartenant à l’orientation technicoéconomique Grandes cultures et Herbivores de la nomenclature européenne des OTEX), soit par l’imbrication dans le territoire d’exploitations agricoles spécialisées dans la production de cultures de vente (OTEX Céréales et oléoprotéagineux) ou, en moindre mesure, dans des activités d’élevage majoritairement bovin (OTEX Bovins lait, Bovins viande ou Bovins lait-viande). Comme ailleurs en France, l’agriculture du bassin a subi de profondes transformations au cours des trente dernières années (Tableau 1) : diminution de moitié du nombre d’exploitations agricoles, des surfaces en prairies permanentes et des effectifs de vaches laitières aujourd’hui concentrées dans des structures de grande dimension, quasi triplement des surfaces en blé, augmentation d’un facteur quatre du nombre de vaches allaitantes (sans toutefois compenser la perte des effectifs laitiers) et des surfaces cultivées en maïs, et enfin d’un facteur onze des surfaces cultivées en colza. Cette agriculture de polyculture-élevage peut être source potentielle d’éléments contaminants susceptibles de ruisseler vers les eaux superficielles, ce qui a justifié le choix du bassin de la Blaise en tant que site-atelier dans le programme PIREN-Seine. Le ruissellement d’éléments contaminants peut être dû à deux facteurs principaux : (i) un excès d’intrants chimiques ou de sous-produits de l’élevage épandus sur le territoire du bassin (engrais minéraux et organiques, produits phytosanitaires, effluents d’élevage) ; (ii) des interactions défavorables entre le milieu physique (conditions pédo-climatiques, topographie) et les pratiques d’utilisation du territoire agricole (organisation du parcellaire des exploitations et localisation des couverts végétaux et des interventions techniques). Ainsi, notre analyse de l’agriculture du bassin de la Blaise est guidée par deux objectifs. Le premier consiste à décrire le plus précisément possible la diversité des pratiques agricoles effectives, en nous focalisant sur celles qui peuvent être sources de contamination diffuse, en particulier les pratiques d’utilisation du territoire agricole et les pratiques de gestion des déjections animales et des effluents d’élevage. Cette description est réalisée en vue d’établir les informations nécessaires à la modélisation de la circulation d’éléments dissous (azote, phosphore et bactéries fécales) dans les eaux superficielles. Le deuxième objectif vise à comprendre les raisons des choix des pratiques faits par les agriculteurs. Cette compréhension est nécessaire pour identifier les marges de manoeuvre dont ils disposent pour, le cas échéant, modifier leur système technique agricole vers une meilleure prise en compte des conditions de préservation des ressources naturelles.

mignolet@mirecourt.inra.fr