Le système agro-alimentaire du bassin de la Seine : passé, présent et futurs possibles

Sous la direction de Gilles Billen

DOI : 10.26047/PIREN.rapp.synth.2019.vol1

 

Un axe fort de la phase VII du PIREN-Seine réside dans la mise en œuvre d’une approche d’écologie territoriale du bassin de la Seine. L’idée selon laquelle le métabolisme du territoire formé par le bassin versant est à la base de la qualité des eaux souterraines et de surface, et que c’est à ce niveau que doivent se concevoir et se mener toutes les politiques visant à la préservation ou à l’amélioration de la qualité de la ressource hydrique, sous-tend en effet la plupart des thèmes de recherche du programme. Ainsi, la présence dans l’eau de tel polluant ne doit pas seulement inciter à en étudier les effets et les transferts entre compartiments environnementaux, mais doit être considérée comme le révélateur du fonctionnement du socio-écosystème territorial qui produit ce polluant et donne lieu à sa dispersion dans le milieu. C’est dans le fonctionnement socio-écologique du territoire que se trouvent le plus souvent les clés des problèmes environnementaux. Par socio-écosystème il faut entendre les interactions entre les sociétés qui investissent un territoire et l’environnement biophysique dont elles sont indissociables. Ces interactions incluent à la fois l’aménagement du territoire et l’ensemble des processus mis en œuvre dans l’extraction, la transformation, la circulation et la consommation des matières premières pour assurer les besoins vitaux et sociaux (alimentation, énergie, habitation, …) de la population.

Plus spécifiquement, on désigne par système agro-alimentaire l’ensemble des structures et des activités qui concourent à l’approvisionnement alimentaire de la population, et aux échanges de denrées alimentaires avec l’extérieur du territoire. Cela recouvre l’agriculture et l’élevage, ses pratiques, sa gouvernance ; l’industrie des intrants agricoles, engrais, pesticides ; les filières de collecte et de transformation des produits agricoles ; la distribution et la consommation alimentaire, mais aussi la gestion des déchets qui en sont issus (déchets alimentaires, urines, matières fécales), c’est à dire du sous-système alimentation-excrétion humaine. Le système agro-alimentaire représente une part majeure du métabolisme territorial, occupe la plus grande partie des sols du bassin et contribue très largement à la contamination de l’environnement : c’est ce qui justifie l’importance qui lui a été donnée dans les travaux de la phase VII du programme.

Retrouvez le volume 1 des rapports de synthèse de la phase 7 publiés en 2019 :

 

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