L’Aube: dynamique morphosédimentaire holocène et fonctionnement actuel d’un hydrosystème à faible énergie.

Titre
Publication TypeThesis
Year of Publication1999
AuthorsGaillard, S
UniversityUniversité Paris IV - UFR Géographie
Thesis Typemasters
Abstract

Cette étude porte sur le fonctionnement d’un hydrosystème à faible énergie localisé dans la partie orientale du Bassin parisien. La zone retenue concerne l’Aube depuis le Barrage-Réservoir Aube jusqu’à la Seine. L’étude privilégie l’analyse du cours d’eau et de sa plaine. En raison de l’étendue de la zone d’étude et de la diversité des milieux qui la composent, une démarche d’intégration fondée sur l’embo{\^ıtement des échelles de temps et d’espace a été adoptée.

Dans la première partie, en partant de l’analyse d’une carte des zones inondées et de mesures hydrauliques réalisées dans le cours inférieur, la structure géomorphologique et le fonctionnement hydrologique du couloir fluvial sont précisés. L’accent est mis sur l’originalité hydromorphologique et fonctionnelle du système.

La seconde partie est centrée sur le fonctionnement de l’hydrosystème au cours des 15 derniers millénaires dans le même secteur. Elle vise à reconstituer la dynamique morphosédimentaire à long terme du système afin d’intégrer les héritages dans la compréhension de la structure géomorphologique actuelle et d’expliquer les mécanismes d’inondation. Un des principaux apports de l’étude est de montrer que les métamorphoses fluviales, qui ont affecté les hydrosystèmes de l’Est du Bassin parisien suite au basculement climatique holocène, peuvent s’opérer à des pas de temps multimillénaires.

La troisième partie vise, en se basant sur une série de critères hydrogéomorphologiques définie dans le cours inférieur, à inférer la dynamique hydro- et morphosédimentaire à long et à court terme à l’ensemble de la zone d’étude. L’étude est fondée sur l’analyse d’une carte schématisant la structure en mosa{\"ıque du couloir fluvial. La variabilité hydromorphologique amont-aval est caractérisée et un découpage de l’hydrosystème en «secteurs fonctionnels» est proposé. La mise en relation des compartiments discriminés avec le contexte morphostructural montre que l’histoire du système conditionne la nature et la répartition des formes dans le gradient amont-aval ainsi que les processus hydro- et morphosédimentaires. L’analyse montre également que les modes de réajustement du profil en long jouent sur la vitesse de réalisation de la métamorphose fluviale.

Dans la quatrième partie, on procède à un recentrage de l’étude sur le cours d’eau qui constitue le moteur de la diversité et du renouvellement des formes fluviales. Les modifications morphologiques du lit sont appréhendées à différentes échelles de temps et d’espace. Parmi les principaux résultats, on retiendra que le tracé s’est allongé de 12 km en 150 ans. Ceci traduit un déséquilibre du lit et est interprété comme une réponse du chenal à l’évolution à long terme du système. Des mesures stationnelles ont confirmé l’instabilité du tracé en plan. Des reculs en berge concave d’ordre métrique ont été enregistrés à plusieurs stations. Le suivi diachronique de profils transversaux durant une année hydrologique a par ailleurs montré que la section en travers du lit s’ajuste aux variations de débit et que le transit sédimentaire est élevé. Enfin, il a été démontré que les flux dont la fréquence est inférieure ou égale à 22.9% sont capables d’effectuer un travail géomorphologique.