Cinétique du zooplancton dans un continuum aquatique : de la Marne et son réservoir à l’estuaire de la Seine

Titre
Publication TypeJournal Article
Year of Publication2002
AuthorsAkopian, M, Garnier, J, Pourriot, R
JournalComptes Rendus Biologies
Volume325
Start Page807
Pagination11
Date PublishedJuly 2002
Abstract

Les observations faites sur plus de 700 km, incluant trois types d’écosystèmes (réservoir, rivière et estuaire), nous ont permis de dégager les caractères majeurs des communautés zooplanctoniques dans le bassin de la Seine et d’obtenir une vision d’ensemble, pour préciser le rôle du zooplancton dans le fonctionnement d’une large rivière aménagée. En rivière, les biomasses deviennent significatives dès que le taux de croissance du zooplancton est supérieur à la dilution (à partir d’ordres 4–5, en accord avec le River Continuum Concept). En amont, la brièveté du temps de séjour favorise les petites espèces (Rotifères, Protozoaires), ce qui se traduit par une faible biomasse et par un poids moyen individuel réduit. En aval, l’allongement du temps de séjour permet l’augmentation de la biomasse et le développement autochtone de microcrustacés à temps de génération plus long. Ce schéma général est fortement modifié par l’impact anthropique. Les apports du zooplancton par le réservoir Marne représentent une forme d’altération du gradient amont–aval (Serial Discontinuity Concept). Le réservoir est une source d’organismes, en particulier de microcrustacés ; ces derniers disparaissent rapidement dans la rivière, notamment par prédation pisciaire, de sorte que ces grands filtreurs n’ont qu’un impact limité sur le phytoplancton. Les discontinuités créées par la confluence avec les tributaires ont un effet relativement limité sur le stock zooplanctonique en regard d’une lachûre de réservoir, mais ces apports d’origine potamique persistent après la confluence. Dans le système Seine largement canalisé, les microhabitats (zones à macrophytes) sont rares et ne peuvent pas être considérés comme une source importante d’organismes pour la rivière. Au total, d’amont en aval, le flux de zooplancton cro{\^ıt exponentiellement, tandis que le débit augmente linéairement, ce qui confirme l’importance de la production autochtone (Riverine Productivity Model). Dans les secteurs canalisés, les larves planctoniques de Dreissènes forment une biomasse souvent dominante par rapport au zooplancton sensu stricto. Particulièrement abondantes dans le secteur aval de la Marne et de la Seine avec son estuaire, elles témoignent d’une importante colonisation des substrats benthiques par les adultes. Une de ces grandes colonies, implantée au milieu de l’estuaire, pourrait contribuer à la décroissance du zooplancton et représenterait donc un puissant facteur de type top-down, avant que le gradient de salinité fasse dispara{\^ıtre progressivement les taxons dul{\c c}aquicoles.

DOI10.1016/S1631-0691(02)01483-X