Journées terrain : les sites de l'Orge et de l'Orgeval

En 2019, le PIREN-Seine fête ses trente ans ! A cette occasion, les chercheurs du programme se livrent à un exercice unique : accueillir des gestionnaires, partenaires, acteurs territoriaux, professionnels de l’eau, élus et personnel associatif  directement sur leurs terrains d’expérimentation, pour présenter leur travail, leurs outils et leurs méthodologies. Journées de terrain : les sites de l'Orge et de l'Orgeval

Occasion unique pour les partenaires du programme d’échanger avec les chercheurs directement sur leurs sites d’étude, ces journées d’atelier sont organisées pour sensibiliser les participants aux diverses thématiques traitées par les scientifiques, de la micropollution urbaine à l’agriculture en passant par la caractérisation du milieu et de la ressource en eau. Deux de ces journées ont eu lieu les 29 mai et 12 juin derniers, respectivement sur les bassins versants de l’Orge et de l’Orgeval. La troisième et dernière journée se déroulera en septembre, sur le site de la Bassée.

Deux journées, pour deux milieux bien distincts

Ces deux journées ont chacune mobilisé une trentaine de participants, constituant des publics très divers : organismes publics de la gestion de l’eau, représentants des conseils départementaux ou de l’Etat, confrères scientifiques ou encore agents des syndicats de bassin versant. Cette richesse de structures représentées a constitué un défi pour les scientifiques du programme qui ont dû adapter leur discours à chacun, tout en préservant la qualité scientifique de leur propos.


Sur le bassin de l'Orgeval, des paysages sont principalement agricoles

 


Sur le bassin de l'Orge, les paysages sont urbains ou semi-urbains

 

La première journée, organisée en partenariat avec le Syndicat du bassin de l’Orge, s’est articulée autour de plusieurs thèmes majeurs : La micropollution et l’antibiorésistance, l’impact de la ville sur l’eau, les pesticides en milieu urbain ou encore la restauration écologique des milieux, à travers notamment l’affaissement des clapets de l’Orge.

Le bassin de l’Orge est en effet un terrain particulièrement pertinent pour étudier l’impact des activités humaines et des conséquences des travaux d’aménagement urbain des dernières décennies. Nombre d’acteurs territoriaux ont donc assisté à cette première journée, avec des représentants d’autres syndicats de bassin versants urbanisés, des scientifiques d’autres disciplines ainsi que du personnel de l’Agence de l’eau Seine Normandie et de la Métropole du Grands Paris, deux partenaires essentiels de la prochaine phase du PIREN-Seine.

La matinée s’est déroulée sur la commune de Saint-Germain-Lès-Arpajeons, et fut l’occasion pour le président du Syndicat de l’Orge de présenter l’histoire du bassin et l’importance de la gestion écologique de ce cours d’eau. Les participants ont ensuite suivi les ateliers de découverte des travaux scientifiques menés sur l’Orge, à savoir la micropollution et l’impact de l’urbain. Les scientifiques ont ainsi présenté leurs outils de travail, expliqué les méthodologies appliquées et fait état de leurs résultats en la matière.


Présentation sur les micropolluants le long de l'Orge, à Saint-Germain-Lès-Arpajeons.


La prise d'échantillon sur les berges de l'Orge, à Saint-Germain-Lès-Arpajeons.
 

Le groupe a ensuité été accueilli dans les locaux du syndicat de l'Orge à Ollainville pour une série de présentations et de discussions sur la gestion du corridor hydroécologique de l'Orge, de la gestion des pesticides aux différentes phases historiques d'aménagement du cours d'eau. Pour la session de l'après-midi, le syndicat de l’Orge avait organisé une petite excursion en fin d’après-midi sur l'un de leur terrain les plus emblématiques de la restauration écologique des cours d’eau : le Coteau des Vignes d’Athis Mons. Après deux présentations dédiées à la continuité écologique de l'Orge et aux défis techniques liés à l'affaissement des clapets, les participants ont ainsi eu droit à une visite guidée au fil de l’eau, qui permit à chacun de prendre la mesure de l’importance de la recherche scientifique et du soutien aux politiques de gestion durable des cours d'eau anthropisés. 


Le Coteau des Vignes, à Athis Mons, aménagé par le Syndicat de l'Orge.
 


Pont sur l'Orge en aval du Coteau des Vignes
 

 

La deuxième journée de visite de terrain s’est quant à elle faite sur une zone bien plus rurale du bassin de la Seine : le bassin versant de l’Orgeval. Organisée en partenariat avec la Mairie d’Aulnoy, cette journée a été consacrée au suivi par capteurs du milieu, à l’utilisation de la sismique Timelapse pour caractériser la teneur en eau du sol, ou encore à l’impact des différentes pratiques agricoles sur le bassin. L'Irstea, qui instrumente le bassin depuis plus de 30 ans, a accueilli la trentaine de participants dans ses locaux de Boissy-le-Châtel pour leur présenter la région, avant de les guider vers les différents lieux d'expérimentation.

Plusieurs ateliers de découverte des instruments de mesure utilisés par les scientifiques ont été menés lors de la matinée sur le terrain de la ferme de La Derrier, afin de sensibiliser à la complexité du travail effectué sur le terrain par les chercheurs, mais également de présenter la multiplicité des approches opérées par les équipes du PIREN-Seine : Hydrologique, biogéochimique, géophysique, etc.


Le suivi du ru des Avenelles, en bordure d'exploitation agricole.
 


L'atelier "Sismique Timelapse".
 

 

Après un déjeuner à la Mairie d'Aulnoy, l’après-midi de cette journée fut consacrée à la visite de deux sites incontournables du bassin de l’Orgeval. La première fut l’exploitation agricole biologique d’Eric Gobard, maire d’Aulnoy et partenaire historique des chercheurs du PIREN-Seine dans leur suivi des pratiques agricoles. Au programme : découverte des espèces végétales cultivées, rendement et qualité des produits, et filières de débouché des cultures fixatrices d’azote non consommables telles que la luzerne. Et évidemment, dégustation de biscuits biologiques de la ferme ! Quant au deuxième site visité de l'après-midi, ce fut celui du River Lab, installation scientifiques d’IRSTEA qui permet le suivi en continue du ru des Avenelles : chimie de l’eau, température, débitmètrie, ou encore contamination aux pesticides.


L'exploitation biologique d'Eric Gobard
 


Le River Lab d'Irstea, en bordure du ru des Avenelles
 

Ces deux journées ont ainsi permis aux partenaires du PIREN-Seine et aux acteurs locaux de la gestion de l’eau de s’initier au travail des chercheurs sur le terrain, et de replacer dans leur contexte les contraintes inhérentes à la recherche scientifique en environnement. Les discussions et échanges directs qui ont eu lieu lors de ces journées ont permis de mieux comprendre la méthodologie et les outils mobilisés par les scientifiques, et de rapprocher toujours un peu plus les acteurs de la recherche et ceux de la gestion de l’eau.

 

Retrouvez l'ensemble des photos prises lors de ces ateliers sur la médiathèque du PIREN-Seine : https://media.piren-seine.fr/

 

Prochain et dernier rendez-vous pour les journées de terrain « anniversaire » : le 5 septembre 2019, pour la visite du site atelier de la Bassée.