PHRESQUES : Vers un suivi haute-fréquence homogène et innovant de la qualité de l’eau sur le continuum Seine

PHRESQUES : Vers un suivi haute-fréquence homogène et innovant de la qualité de l’eau sur le continuum Seine

Arnaud BLANCHOUIN1

Laboratoire de Biogéochimie Environnementale. Univ Paris Diderot, Sorbonne Paris Cité, IPGP, UMR 7154, CNRS, F-75205 Paris, France.

 

Le projet PHRESQUES (Projet d’Harmonisation et de REnforcement du Suivi haute-fréquence de la QUalité de l’Eau de la vallée de Seine) est un projet multipartenarial qui a pour objectif de mieux caractériser la qualité de l’eau et de mieux comprendre le fonctionnement du bassin versant de la Seine, en harmonisant les données recueillies par les nombreuses stations de suivi haute-fréquence qui parsèment l’axe Seine.

Le projet est divisé en 2 phases, une première commencée en 2016 et qui se terminera en 2018, et une deuxième qui s’étalera sur la période 2018-2020.

PHRESQUES est composé actuellement de 4 réseaux de suivi, qui couvrent 3 compartiments du continuum Seine : Le réseau CARBOSEINE qui est implanté entre Paris et la confluence Oise, SYNAPSE qui couvre le tronçon de Rouen à l’estuaire, D4-La Carosse qui se situe à l’interface estuaire/baie de Seine et le réseau SMILE situé en baie de Seine. Deux objectifs principaux de cette première phase est d’abord de couvrir la partie située entre l’Oise et Rouen, et de mettre à niveau technologiquement certains réseaux ou stations pour achever une harmonisation du système le long de l’axe Seine.

Le projet PHRESQUES poursuit également un objectif d’innovation, et des tests de capteurs bio-géochimiques et de capteurs de carbone organique dissout vont être effectués, pour vérifier l’intérêt de mettre en place ce type d’installation sur la Seine. D’autres innovations, comme le suivi des sels nutritifs, ou l’utilisation de profileurs acoustiques pour mesurer les MES, sont également à l’étude.

La phase 2 consistera à déployer les capteurs validés en phase 1, à installer deux nouvelles stations, et à la mise en place d’un moyen commun de gestion et de valorisation des données acquises.

 

Résumé de la présentation par l'auteur

Présentation

 

Discussion :

Il a été fait mention  d’une station amont Seine, et dans les discussions, on avait parlé de 2 stations en amont de Paris, une sur la Marne et une sur la Seine. Y en a-t-il une qui n’a pas été présentée ici ?

Réponse : Oui, je n’ai pas parlé ici de la station de la Marne.  Celle-ci servira à mieux comprendre l’apport que cet affluent peut amener sur la Seine.

A quelle échéance estimez-vous la durée de vie de ce réseau PHRESQUES ? 10 ans, 20 ans ?

Réponse : Le plus longtemps possible, on l’espère. Bien sûr, les capteurs ont une durée de vie limitée, qu’il faut prendre en compte. Nous devrions voir d’ici 5 ans si le réseau tient ses promesses, et nous pourrons alors avoir une vision à 10 ans, voire plus par la suite.

Remarque : Nous touchons là à un point important concernant la dynamique entre gestionnaire et chercheur. Peut-être nos partenaires aimeraient-ils s’exprimer sur cette question ? Quels sont leurs souhaits concernant le réseau et leur envie de le soutenir dans le temps ?

Le but de ce réseau, si j’ai bien compris, est de mesurer des flux, et notamment des flux de carbone. En tenant compte de ça, où vos sondes, vos bouées, etc échantillonnent-elles dans la colonne d’eau, sachant qu’il y a une certaine hétérogénéité du flux dans la tranche d’eau ?

C’est effectivement un des points difficiles à mettre en place sur ce type de station, on ne peut pas, pour l’instant, prendre en compte l’hétérogénéité du flux. On n’échantillonne que sur un seul point de la colonne.

Remarque : La plus grande hétérogénéité se trouve généralement dans les flux de MES, et pour ce flux spécifique, il est prévu de mettre des ADCP, pour avoir une meilleure vision du flux dans la colonne d’eau. Pour les autres flux, c’est sûr que c’est beaucoup moins simple.

Pourquoi avoir choisi la Marne en particulier pour l’installation de votre station, sachant qu’il existe beaucoup d’autres affluents qui peuvent également fortement contribuer aux flux de l’axe Seine, comme l’Yonne ou l’Oise ?

Nous n’avons malheureusement pas la possibilité d’instrumenter l’ensemble des instruments, et il a fallu faire un choix.

Vous n’avez pas parlé de débitmétrie, alors que vous avez parlé de modélisation. Qu’est-ce qui vous permet de calculer les flux ?

Nous avons 2 stations de débitmétire desquelles on tire des informations, même si elles ne font pas partie à proprement parler du réseau PHRESQUES. On récupère donc des données dans la banque hydrologique. Mais comme en parallèle, nous mettons en place des stations avec ADCP, on devrait pouvoir avoir des débits par nos stations.

Remarque : Nous (Voies navigables de France) montons actuellement une expérimentation sur l’aval de la Marne ave le CEREMA de Compiègne, justement pour étudier le transit sédimentaire. Nous avons donc déjà des capteurs en stock, pas encore installés, et je voulais vous en informer.

Réponse : C’est très intéressant, on pourrait effectivement en parler pour s’organiser et mettre en commun certaines informations.

Remarque : Un atelier de co-réflexion consacré au réseau PHRESQUES pourrait éventuellement être organisé, pour réunir les personnes concernées autour de ce projet.