Le métabolisme alimentaire du plateau de Saclay au prisme de la distribution alimentaire

Le métabolisme alimentaire du plateau de Saclay au prisme de la distribution alimentaire

Étienne DUFOUR1

1 Géographie-Cités. CNRS, Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne. UMR 8504.
 

 

L’objectif de cette présentation est de livrer, à travers deux cas particuliers, un regard sur le métabolisme alimentaire du plateau de Saclay et l’extraterritorialisation de la production d’un certain nombre de denrées qui seront consommées eu sein du territoire.

Après un bref rappel géographique et de gouvernance du plateau de Saclay, Etienne Dufour présente ainsi le cas de l’approvisionnement des cantines scolaires, et le cas de la grande distribution alimentaire commerciale. Dans les deux cas, la majorité des produits consommés proviennent d’entrepôts ou de sites de préparation situés sur des territoires éloignés de 15 à plus de 100 km du plateau.

Ces analyses sont alors remises dans le contexte de la transition sociotechnique et écologique telle que décrite dans la présentation de Sabine Barles. Ici, le changement climatique, les politiques publiques et les préoccupations environnementales  jouent le rôle de changement du paysage sociotechnique, et les initiatives de type AMAP ou vente directe incarnent les signaux faibles, les « niches d’innovations ». Le fonctionnement de la grande distribution alimentaire est ainsi décrit comme l’état du régime avant sa phase de transition, protégé par le système actuellement en place, avec ses normes, ses règles économiques, ses limites logistiques et les préférences et habitudes de consommations. Actuellement, nous sommes donc à la période « pré-transitoire » telle quel décrite par l’approche socio-technique.

Pour conclure, nous sommes peut-être dans une situation de pré-transition socio-écologique alimentaire, au vu des éléments apportés par l’analyse du métabolisme d’alimentation du plateau de Saclay. Ce territoire est un exemple de l’extraterritorialisation des mécanismes de production et d’acheminement de denrées alimentaires, régime aujourd’hui incarné par le système de la grande distribution et qui ne prend pas en compte les impacts écologiques de ces mécanismes de productions externalisés.

 

Résumé de la présentation par l'auteur

Présentation

 

Discussion :

Remarque : Sur la question des échelles d’externalités : il faut savoir que le fait de les poser pour le plateau de Saclay n’est pas un hasard. Saclay est un espace de travail et de nouveaux projets en rapport avec les changements d’occupation des sols. Ce sont donc des projets ad hoc, mais qui s’appliquent pour cette échelle. Dès que l’on change d’échelle, la problématique change complètement. De ce fait, il est clair que si les projets menés sur le plateau de Saclay apportent un éclairage sur la problématique des externalités, ce n’est pas de ce niveau d’échelle qu’on pourra régler les problèmes dans leur globalité.

Question : Concernant la dynamique du métabolisme du plateau de Saclay, est-ce que l’implantation des nouvelles entreprises, des pôles de recherches et universitaires à laquelle on assiste a été ou sera prise en compte dans vos recherches ?

Réponse : Concernant la dynamique, beaucoup de travaux ont été menés sur l’histoire du métabolisme alimentaire du plateau, et ceux-ci montrent l’évolution de ce territoire par rapport à ceux qui l’entourent. Concernant les nouvelles implantations, les recherches ont été menées ici exclusivement sur les circuits de grande distribution déjà existants. Ce à quoi l’on peut toutefois s’attendre, c’est que de nouveaux supermarchés ouvrent pour répondre à la construction de ce cluster « Pôle recherche et industrie Saclay », et vont donc tendre à amplifier le phénomène.

Dans ce territoire, y-a-t-il des mouvements de résistance face aux supermarchés, qui consomment beaucoup d’espace, et notamment d’espace agricole ?

Si cette question n’a pas été abordée dans le cadre de ce travail, il est possible que des collectifs se soient effectivement formés.

Y a-t-il eu dans vos travaux une prise en compte de la restauration collective d’entreprise ? 

La restauration collective n’a pas été prise en compte dans le cadre de cette étude en particulier, mais d’après quelques données de certaines entreprises, il n’y a pas de raison de penser que le système soit différent.

Est-ce que les économies en circuits courts et autres « niches » d’innovation ne sont pas déjà en train de bifurquer et de se défaire du système dominant ?

L’étude de ces niches et des économies parallèles au circuit dominant a été prise en compte dans le travail, mais n’a pas fait l’objet d’une étude approfondie.