Evaluer le devenir des nanoparticules dans les écosystèmes aquatiques

Evaluer le devenir des nanoparticules dans les écosystèmes aquatiques

Marc BENEDETTI1

1 Institut de Physique du Globe de Paris, Université Paris Diderot, Sorbonne Paris Cité, UMR 7154 CNRS, Paris

 

Les nanoparticules sont présentes dans tous les milieux, et peuvent avoir des origines naturelles ou anthropiques. Ces particules peuvent être fabriquées par l’homme de manière accidentelle ou volontaire, et se retrouvent inévitablement dans les cours d’eau.

L’objectif du travail présenté ici est de savoir si ces nanoparticules sont détectables et mesurables, si leur origine peut être déterminée, et s’il peut y avoir un effet du type d’usage du sol sur le type de nanoparticule qu’on retrouvera dans le milieu. L’étude s’est portée essentiellement sur les nanoparticules métalliques.

En utilisant un spectromètre de masse sur des échantillons, parfois dilués, il apparait que les nanoparticules présentes dans les rivières sont effectivement détectables. En prenant pour exemple les nanoparticules d’argent, il est également possible de voir, dans une certaine mesure, que les cours d’eau traversant les sols agricoles, forestiers et urbains ne contiennent pas les mêmes quantités de nanoparticules, et que cette répartition est soumise à des variations spécifiques à chaque milieu. En revanche, il n’est pas encore possible de déterminer l’origine de ces particules.

D’autres éléments que l’argent ont également été analysés, tels que le cadmium et l’arsenic, et des travaux sur le titane, le cérium ou encore le lanthane sont actuellement en cours.

 

Résumé de la présentation par l'auteur

Présentation

 

Discussion :

Remarque : À Avicenn (Association de Veille et d'Information Civique sur les Enjeux des Nanosciences et des Nanotechnologies), nous suivons avec attention les données qui sont publiées sur les nanoparticules, et notamment le registre R-nano en France, et les dernières estimations sont à 450 000 tonnes de nanoparticules par an au niveau mondial, donc on est déjà loin devant les 58 000 tonnes dont vous parlez.

Réponse : Les chiffres avancent donc très vite, tout ce que je peux dire c’est que les courbes sont exponentielles, donc il suffit que les données datent d’un an ou deux, et les écarts peuvent être très importants. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’on en retrouve finalement peu dans les milieux.

Question : Comment savez-vous que la particule que vous trouvez est bien de l’argent, et non une nanoparticule sur laquelle il y a de l’argent ?

Réponse : Nous sommes sûrs de la détection de l’argent grâce à une méthode particulière sans dilution d’échantillon. Par contre, c’est vrai que sur d’autres particules, comme le titane, c’est compliqué de faire la différence entre des nanoparticules et d’autre particules ou alliages plus grands. Il faut toujours regarder la masse pour être sûr qu’on a bien à faire à des nanoparticules.