Premières investigations sur les microplastiques en Seine

Premières investigations sur les microplastiques en Seine

Rachid Dris1*

1 Université Paris-Est, LEESU
* rachid.dris@enpc.fr

Après une introduction générale sur le plastique et ses principales sources, Rachid Dris nous dresse un état des lieux sur la contamination des eaux de surface. Souvent associés à la pollution des océans, les microplastiques ne sont encore que peu étudiés dans les cours d’eau, fleuves et rivières, et encore moins aux alentours des pôles urbains. C’est ce que propose de faire cette étude. Après un point sur la méthodologie utilisée, Rachid Dris donne un premier aperçu de la nature des microplastiques présents dans la Seine.

Des fibres et des fragments de microplastiques sont observés en Seine. Pour les fragments, il s’agit essentiellement de Polypropylène (PP) et de Polyéthylène (PE), un composant, entre autres, des sacs plastiques. Pour les fibres, en plus de ces deux polymères, une grande proportion de rayonne est observée. Il s’agit un composant fréquemment utilisé dans les textiles.

Recensés en différents points de la Seine, il ne semble pas y avoir de tendance nette de relation amont -aval. Une analyse approfondie des sédiments d’une part, et de l’estuaire de la Seine d’autre part pourraient donner plus d’informations quant au devenir de ces plastiques.

Conclusion : Les microplastiques existent sous de nombreuses tailles et formes dans la Seine. De quelques microns à 5 mm, allant des fibres aux sphères, en passant par des fragments plus ou moins grossiers. La principale source de microplastiques semble être les rejets de fibres vestimentaires issus des machines à laver, et sont principalement constitués de rayonne. Des études approfondies sont à prévoir pour mieux comprendre l’impact de ces microplastiques sur l’environnement.

 

Résumé de la présentation par l'auteure.

Présentation

 

Discussion :

Dans la discussion qui a suivi la présentation, la question de la capacité des plastiques à adsorber ou à sédimenter, puisqu’on ne les retrouve pas en contrebas, a été posée. Le développement  d’un biofilm qui se fixerait sur les particules, s’accumulerait, pour finalement faire atteindre un niveau de densité suffisant pour couler a été évoqué en réponse comme une des possibilités.

Les échanges se sont également portés sur le poids total que représentent les microplastiques dans la masse d’eau, et sur leur capacité de transport. Le fait est que ce poids est négligeable, de l’ordre de 10^-6 g/L, mais que leur pouvoir de pollution résidait dans leur capacité à fixer les bactéries et autres organismes, puis à les propager dans les milieux aquatiques.

Enfin un renseignement  sur la quantité de macroplastiques dans la Seine, et principalement du flux de sortie de ces plastiques, par rapport à leur entrée, a été demandé. Les barrages flottants du Siaap récupèrent chaque année environ 27 tonnes de macroplastiques. Dans le cas où on extrapolerait ces données à toute la section, on arriverait à 1000 tonnes de macroplastiques.