Approche géohistorique de la Seine dans la Bassée durant les deux derniers siècles.

Approche géohistorique de la Seine dans la Bassée durant les deux derniers siècles.

Ronan Steinmann1*

1 UMR Metis, UPMC-CNRS-EPHE
* steinmann.ronan@yahoo.fr

L’étude présentée porte sur l’évolution de la Seine, et particulièrement de son tracé, ses berges et son fond de son lit, depuis 1839. Elle s’inscrit dans un grand travail de reformatage et de mise à jour des données d’archives, encore incomplet à l’heure à l’actuelle. Elle fait également l’état des lieux les travaux d’urbanisation et d’aménagement qui ont modifié les caractéristiques morphologiques de la Seine, probablement de manière définitive.

L’étude s’attarde sur l’impact des premiers travaux d’écrêtage, menés entre 1850 et 1900, qui ont provoqué la disparition des gués par la montée de la ligne d’étiage. La faible ampleur des travaux est ensuite comparée à la deuxième phase d’aménagement, menée dans les années 1970. Celle –ci a en effet entraîné un changement de la quasi-totalité des paramètres morphologiques du fleuve : longueur d’onde des sinuosités, amplitude, rayon de courbure, et même le fond du lit.

Conclusions : La Seine est aujourd’hui un fleuve bien différent de celui de 1850. Les gués ont disparus, le fond du lit a chuté de 1m50 depuis les années 1970, la capacité naturelle du fleuve à méandrer est fortement réduite par les ouvrages humains, et la ligne d’étiage est beaucoup plus haute qu’à l’époque. Il apparait donc  impossible de revenir à un état naturel de référence, tant les aménagements anthropiques ont modifié la dynamique de la zone.

 

Résumé de la présentation par l'auteur

Présentation

 

Discussion :

La discussion qui a suivi la présentation s’est portée sur la notion d’état de référence. Il a été rappelé qu’un état ancien naturel n’est pas synonyme de ce que serait un fleuve aujourd’hui sans anthropisation. Dans le cas de la Seine, celle-ci aurait probablement changé naturellement. Un retour à un bon état n’est pas forcément un retour à un état antérieur. Une remarque qui a été approuvée, et à laquelle il a été ajouté qu’essayer de faire revenir la Seine à un état antérieur à l’anthropisation n’aurait pas beaucoup de sens.