SESSION 2 - Métropole 2024

La deuxième session du colloque s’est intéressée à l’impact de la métropole sur le bassin de la Seine, notamment en termes de disponibilité et de qualité de la ressource en eau. Les quatre présentations qui ont composé cette session ont considéré ces différentes pressions dans la perspective des Jeux Olympiques 2024, où de nouveaux objectifs se fixent en termes de baignade et d’assainissement. Ne pouvant être atteints qu’en redoublant d’efforts, des moyens nécessaires pour identifier, suivre et anticiper ces impacts ont été présentés et des pistes de solution ont été proposées par les différents orateurs.


Les orateurs de la session 2.
De gauche à droite : Fabien Esculier, Jean-Marie Mouchel, Nicolas Flipo, Mathias Maillot

 

Bien que l’état de la Seine se soit amélioré depuis 1985, il a été évoqué durant les présentations que celui-ci n’est pas encore suffisant dans la perspective des Jeux Olympiques 2024, durant lesquels la baignade sera au rendez-vous. En effet,  les pressions anthropiques sur les milieux aquatiques augmentent (pompages en zone centrale, régulation du niveau des cours d’eau, déconnexion entre la nappe et la rivière), tout comme les rejets de polluants, tandis que la capacité de dilution de la Seine devrait se réduire dans les décennies à venir. À cela s’ajoutent les nouveaux enjeux de baignade, qui ouvrent des questions de risques liés à des contaminants microbiologiques pathogènes en sus des bactéries indicatrices de contamination fécale, tels que la Leptospire. Enfin, le risque de remontée de nappe demeure présent, et pourrait affecter métro, réseaux d’assainissement et personnes en zones inondables.

Afin de pouvoir agir face à ces différentes pressions métropolitaines, des outils pour le suivi des impacts ont été développés, tels que le réseau PHRESQUES, qui ont pour objectif de pouvoir à terme anticiper les risques et optimiser la gestion des infrastructures. La construction d’un modèle hydrogéologique de l’aquifère de l’agglomération parisienne est également en cours, ce qui permettra de proposer des scénarios de crue plus pertinents pour Paris et sa petite couronne. Ces outils doivent être associés à des actions plus en amont comme le recyclage des urines, qui doivent désormais être considérées comme des ressources, d’où l’importance d’étudier la question de la séparation à la source et la manière d’y parvenir. Enfin, le plan politique ne doit pas être délaissé : il serait important de définir quelle combinaison d’incitations et d’obligations pourrait entrainer sobriété, réduction de la pollution et circularité mais aussi quelles conditions socioéconomiques favoriseraient la transition écologique.

 

Les échanges avec la salle qui ont suivi ces interventions ont évoqué le caractère important de la séparation à la source. Aujourd’hui, la gestion conjointe des urines et des matières fécales pose un problème très délicat car les enjeux de ces deux excrétions majeures sont très différents : à la différence des matières fécales, les urines contiennent de nombreux nutriments et ont un enjeu de salubrité très faible. La séparation à la source permet ainsi de mettre en place des systèmes de gestion distincts, où l’on considère la question de la salubrité pour les matières fécales et la circularité pour les urines. Dans un autre registre, les avancées sur le modèle PROSE-PA ont été saluées, et le souhait d’intégrer de nouveaux paramètres (azote, carbone, phosphore, etc.) à la procédure d’assimilation de données a été émis. La question de la remontée des nappes a également été plébiscitée à de nombreuses reprises. Actuellement, un modèle pour étudier les remontées de nappes est en cours de développement afin de  simuler les dynamiques de remontées de nappe liées aux fluctuations des niveaux d’eau dans les rivières, avec à plus long terme l’ambition de mettre en place un système d’alerte sur le risque de remontées de nappes atteignant les infrastructures de Paris et de la Petite Couronne, qui sont les territoires d’étude actuels. Afin de traiter la résilience, il faut tenir compte de ces remontées de nappes dans la manière d’aménager la ville, notamment en privilégiant l’infiltration. Un plan général a d’ailleurs été voté par la Ville de Paris pour la désimperméabilisation progressive des sols.

 

Télécharger les présentations PDF de la session :

Présentation 1 : Outils de suivi des impacts de la métropole sur les rivières - N. Flipo, (Mines Paris Tech, Centre Géosciences) 

Présentation 2 : Contamination fécale : risque pour la baignade ? - J-M. Mouchel (Sorbonne Université, UMR METIS)

Présentation 3 : Transition écologique du système d’assainissement - F. Esculier (Ponts ParisTech, LEESU)

Présentation 4 : Fonctionnement hydrogéologique du sous-sol de Paris et de sa petite couronne - M. Maillot (Mines ParisTech, Centre Géosciences)

 

Télécharger le verbatim des échanges

 

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