Colloque 2018

Bilan du colloque 2018 du PIREN-Seine

Les 4 et 5 octobre 2018, le PIREN-Seine a tenu son colloque annuel de restitution à l’auditorium Marie Curie du CNRS. Gratuit et ouvert à tous,  l’événement a accueilli plus de 210 personnes sur les deux jours, un chiffre en constante augmentation depuis plusieurs années, qui marque l’intérêt croissant des acteurs et professionnels de l’environnement pour le travail effectué au PIREN-Seine. Intitulé « Horizon 2024 : Comprendre le socio-écosystème Seine », ce colloque avait pour double objectif de faire le point sur les recherches menées et de préparer, avec les partenaires, la construction de la phase VIII du programme, qui débutera en 2020 et s’étendra jusqu’en 2023.

Outre l’avancée de la compréhension du bassin d’un point de vue scientifique, le programme a pour but de répondre aux nombreux enjeux posés par les acteurs du bassin, avec comme point d’orgue l’organisation à Paris des Jeux Olympiques de 2024. Cependant, ni les partenaires, ni les chercheurs n’oublient les aspects essentiels que sont l’adaptation au changement climatique, l’émergence et la persistance de certains contaminants, les risques encourus face aux événements extrêmes, ou les difficultés à mettre en place un changement des pratiques agricoles dans le cadre de la transition écologique. C’est pourquoi le colloque s’est organisé en 5 sessions thématiques, animées par des groupes de travail dédiés à chacune de ces questions.

 

Un événement laissant toute sa place au débat

Cette année, le colloque du PIREN-Seine s’est organisé en répartissant le temps de parole de manière équitable entre les présentations des chercheurs et les discussions avec la salle. Chaque session, d’une durée d’une heure et demie,  prévoyait un temps d’échange de 45 minutes, afin de discuter des thématiques fortes qui traversent à la fois le monde scientifique, le domaine de l’eau et la société dans son ensemble, et de commencer à tracer les actions de recherche qui seront au cœur de la prochaine phase du programme.

Afin d’assurer la clarté des messages et des échanges, un effort sur le temps de parole et sur le niveau scientifique du discours a été demandé aux chercheurs, exercice salué par l’ensemble des participants à ce colloque. Cette adaptation a permis non seulement aux personnes issues de différentes structures (organismes publics ou privés, syndicats de bassin versant, associations et membres de la société civile) de pouvoir s’approprier les thématiques traitées par les scientifiques, mais également d’apporter leur pierre à l’édifice de co-construction qu’est le PIREN-Seine.

Enfin, une table ronde des partenaires s’est tenue pendant la dernière demi-journée du colloque, à laquelle ont participé l’Agence de l’eau Seine-Normandie (AESN), le Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (SIAAP), Eau de Paris, la Direction régionale de l'environnement et de l'énergie d'Île-de-France (DRIEE-IdF), Suez Eau-France, et le directeur du PIREN Seine. Animée par Benoît Lesaffre, Président du Comité des partenaires du PIREN-Seine, cette table ronde a permis aux représentants des organismes qui soutiennent et accompagnent le programme de livrer leur point de vue sur la prochaine phase, et sur les thématiques importantes pour la gestion du bassin de la Seine. Dans un deuxième temps, les chercheurs ont pu à leur tour échanger avec les partenaires sur ces thématiques, trouver des points de fixation pour les prochaines actions de recherches, et discuter des conséquences en termes de régulation et de gestion de la ressource en eau.


La table ronde des partenaires du PIREN-Seine
De gauche à droite : Nicolas Flipo, Laurent Moulin, Caroline Lavallart, Benoît Lesaffre,
Christophe Poupard, Olivier Rousselot et Pierre Pieronne

 

Construire la phase 8 : cinq sessions pour renouveler les axes de recherche

Un des aspects fondamentaux du PIREN-Seine est l’interdisciplinarité, élément essentiel à la construction d’une vision globale du bassin de la Seine. Trouver l’équilibre entre recherche de pointe, portant sur la compréhension fine de processus complexes, et l’inclusion de ces mêmes processus dans des systèmes à plus grande échelle a toujours été la marque de fabrique du programme. L’importance des sciences humaines et sociales, impliquées dans le programme depuis déjà plusieurs phases, appelle aujourd’hui à considérer les thématiques (agriculture, contaminants, qualité des cours d’eau) dans leur ensemble, et à traiter le bassin comme un véritable socio-écosystème. C’est pourquoi le PIREN-Seine a choisi d’organiser son colloque en cinq sessions thématiques, et d’approfondir cette interdisciplinarité à la fois entre ces thèmes de recherche, mais également au sein de chacun d’entre eux.

Les sessions de travail qui ont rythmé le colloque ont donc été les suivantes :

 

Transfert des connaissances, sciences participatives et dialogue territorial

Le colloque annuel du PIREN-Seine est enfin l’occasion d’aborder le rapport plus général entre le monde de la recherche scientifique et la société : Comment les outils et les connaissances générés par le programme sont-ils transférés ? Les citoyens peuvent-ils être impliqués dans le processus de la recherche ? Les scientifiques peuvent-ils jouer un rôle dans l’acceptation sociale de mesures de réglementation qui découlent directement de leurs recherches ? Toutes ces questions ont été débattues lors des sessions d’échanges et de la table ronde.

En effet, si la cellule « transfert des connaissances » est aujourd’hui bien implantée dans le programme, la question de la diffusion des savoirs produits par le PIREN-Seine, non plus aux seuls partenaires, mais vers la société civile dans son ensemble et les pouvoirs décisionnaires en particulier demeure. Car pour cela, le discours doit être adapté aux interlocuteurs, qu’il s’agisse du grand public ou des élus. Diversifier les modalités de diffusion et les supports d’informations tout en simplifiant le discours pose par ailleurs une question cruciale : jusqu’où le rôle du scientifique doit-il aller dans l’accessibilité de ses résultats ?

D’autre part, si le monde scientifique doit trouver sa place dans l’aide à la compréhension et à la décision, les citoyens eux-mêmes peuvent s’impliquer dans une démarche de sciences participatives facilitées par les nouvelles technologies de l’information. Suite à l’effort de mise en commun des données lors de la crue de 2016, qui a d’ailleurs fait l’objet d’un fascicule spécial, des propositions ont été faites, comme le développement d’un réseau d’acteurs-citoyens, formés à l’échantillonnage et mobilisable en cas de crise.  Des expériences similaires ayant été menées dans le passé portent à croire qu’un tel réseau pourrait être à la fois bénéfique pour la recherche en elle-même, et pour construire le lien entre les scientifiques et les habitants du bassin de la Seine.

Enfin, le chercheur peut avoir un rôle à jouer dans le dialogue entre régulateurs et populations concernées, non seulement comme expert, mais comme producteur d’outils facilitant l’acceptation des normes environnementales. Car si tous professionnels s’accordent aujourd’hui sur la nécessité de dialoguer directement avec les acteurs présents dans les territoires, les outils méthodologiques permettant l’appropriation des régulations par les personnes concernées et les remontées constructives des attentes de chacun sont encore à développer ou à perfectionner.

 

Accéder aux synthèses des sessions :