La dreissène comme bioindicateur de contamination en protozoaires dans la Seine

La dreissène comme bioindicateur de contamination en protozoaires dans la Seine

Aurélie BIGOT-CLIVOT1

1UMR-I 02 SEBIO (Stress Environnementaux et BIOsurveillance des milieux aquatiques), URCA, BP 1039, 51687 Reims cedex 2, France

Certains protozoaires peuvent infecter les êtres humains de manière majoritairement asymptomatique, mais induire des effets néfastes, voire mortels pour certaines populations spécifiques, comme les immunodéprimés, les fœtus, ou les personnes particulièrement fragiles, comme les enfants ou les personnes agées.

L’étude présentée ici porte sur l’évaluation de la dreissène, ou moule zébrée, comme indicateur de la contamination de 3 de ces protozoaires : Toxoplasma gondiiCryptosporidium spp et Giardia spp. La particularité de ces organismes est qu’ils adoptent au cours de leur cycle de vie une forme particulièrement résistante au stress environnemental : l’oocyste pour T. gondii et Cryptosporidium spp, et kyste pour Giardia spp.

La dreissène est déjà connue pour ses capacités de bioaccumulation des contaminants chimiques, et son potentiel d’accumulation des protozoaires a été mis en évidence récemment. Dès lors, peut-elle être utilisée comme un indicateur fiable d’une contamination du milieu ?

Les analyses ont été menées sur un panel de dreissènes encagées entre 3 et 13 semaines sur les sites de Marnay-sur-Seine, Bougival et Triel-sur-Seine. Les résultats des analyses indiquent qu’après 3 semaines d’encagement, les trois protozoaires sont décelables dans les dreissènes à Marnay, Toxoplasma gondii et Giardia duoadenalis étant également détectés à Bougival et Triel. Après 13 semaines d’encagement, seul Toxoplasma gondii est détecté. Ces résultats sont en accord avec le contexte humain des zones étudiées : les activités agricoles de Marnay impliquent la présence de bovins et d’ovins, qui sont les réservoirs à Giardia et Cryptosporidium. Toxoplama gondii est quant à lui observé partout car son hôte définitif est le chat, présent dans tous les milieux anthropisés.

Les dreissènes semblent donc pouvoir être utilisées comme bioindicateur de la contamination. Des limites techniques ont cependant été identifiées lors de cette étude, notamment lors du processus d’extraction de l’ADN des protozoaires, et des travaux sont actuellement en cours pour permettre une meilleure analyse des échantillons.

 

Résumé de la présentation par l'auteure

Présentation

 

Discussion :

Question : Pourquoi n’avons-nous pas d’indications sur la contamination de l’eau ? Pour que ces dreissènes soient des indicateurs de ce qu’il y a dans l’eau, il faudrait qu’on puisse établir ce qu’il y a justement dans le milieu pour pouvoir le comparer.

Réponse : Les prélèvements et les filtrations d’eau ont bien été faits, mais nous n’avons pas encore les résultats définitifs. Mais nous les aurons prochainement.

Remarque : Il y a beaucoup d’études qui ont été faites, notamment avec le SIAAP, sur ces trois protozoaires et leur contamination des cours d’eau. Il y a également pas mal de littérature dessus, notamment internationale, et sur les méthodes d’échantillonnage et d’extraction. Vous trouverez peut-être des réponses aux difficultés auxquelles vous avez été confrontées.