Caractérisation hydro-géochimique de la plaine de la Bassée en période de crue

Caractérisation hydro-géochimique de la plaine de la Bassée en période de crue

Fulvia BARATELLI1

1 Centre de Géosciences, Mines ParisTech, PSL, Fontainebleau

 

La plaine de la Bassée, située en amont de Paris, est un terrain privilégié depuis des décennies pour de nombreuses équipes de recherche scientifique. Il constitue un territoire à forts enjeux d’aménagement, tant par les ressources stratégiques en eau dont il dispose que par l’existence d’une réserve naturelle classé Natura 2000. Ainsi, de nombreux organismes mènent des projets dans cette zone, comme VNF, l’EPTB Seine Grands Lacs, ou encore Eau de Paris.

Cette étude s’inscrit dans un cadre de caractérisatation hydro-géochimique de la Bassée, et propose d’analyser les liens entre les périodes de crue et les variations de certains paramètres du milieu, tels que le pH, la température, la conductivité, le COD ou encore les nitrates. Pour mener ces analyses, des stations du suivi à haute fréquences MOLONARI, mises en place depuis 2015, ont été utilisées.

Les données relevées en température, en d18O, en oxygène dissout indiquent un écoulement de l’eau de la rivière vers les alluvions et les eaux souterraines dans un contexte de montée des eaux. Lors d’une crue, la rivière semble peu réactive, avec une matière organique réfractaire. Les eaux de surfaces apparaissent très oxygénées et chargées en nitrates. Dans la plaine alluviale, une activité hétérotrophe significative a été détectée. Enfin, une dénitrification est constatée dans l’aquifère de la craie. D’autres analyses doivent maintenant être menées dans d’autres contextes, et des campagnes de mesures sont prévues lors de périodes de moyennes et de basses eaux.

 

Résumé de la présentation par l'auteure

Présentation

 

Discussion :

Question : Les mesures d’activités biologiques ont-elles été menées sur l’eau relevée dans les piézomètres ?

Réponse : Oui, en prélevant un échantillon dans l’eau des piézomètres, et dans la rivière.

Mais l’activité biologique est également très liée à la phase solide. En n’échantillonnant que l’eau, est-ce qu’on a quelque chose de vraiment représentatif du milieu alluvial ou souterrain ?

Ce qui est fait ici n’est pas à proprement parler une mesure de l’activité biologique. C’est une analyse par spectrophotometrie qui témoigne d’une activité biologique, mais sans la mesurer en tant que telle.

Les sédiments alluviaux sont généralement porteurs d’une grande hétérogénéité, et en particulier pour les nitrates. Avez-vous regardé si les piézomètres sont bien représentatifs, à l’endroit où ils sont placés, de l’ensemble de la plaine ? Peut-être faudrait-il mener d’autres campagnes avec une prise en compte latérale de la plaine ?

On se base également sur des données issues de 2 thèses des années 90, dont les piézomètres n’existent plus aujourd’hui. Il parait difficile d’échantillonner à nouveau à ces endroits, mais nous avons un projet en cours de construction avec VNF sur la plaine centrale de la Bassée, ou la densité de piézomètres et plus importante, et on pourra alors avoir une vision latérale de la plaine alluviale. Pour le moment, on reste effectivement en longitudinal, donc le long de la rivière.

Ces informations d’écoulement entre les eaux de surfaces et les eaux souterraines sont très intéressantes et répondent à des questions que l’on se pose depuis maintenant plusieurs années. Maintenant, quelle est la suite prévue pour confirmer, étayer ces informations et les compléter avec des périodes différentes que celle d’une crue, sachant qu’il y a beaucoup de personne en attente de réponses sur ce sujet ?

Il nous faut effectivement acquérir plus de données, et c’est ce qui est prévu dans les prochaines campagnes.

Avez-vous pensé à faire de la modélisation à partir de vos données ?

Nous ne voulons pas nous substituer à des bureaux d’études qui pourraient apporter des réponses à un niveau local,  mais plutôt essayer de faire en sorte que nos modèles s’inscrivent dans une vision élargie du bassin. Mais nous sommes prêts à participer à la construction de projets qui relient le local au régional ou au national. Ça peut éventuellement faire l’objet d’un atelier dans les années à venir.

Est-ce que ce qu’on constate au niveau des alluvions peut être interprété comme témoin d’une activité, avec comme seule information le pH ?

Effectivement, on ne fait pas cette interprétation juste à partir du pH, il y a d’autres paramètres qui ont été pris en compte, comme l’oxygène, les nitrates, la matière organique, etc.